BLACK OUT DE NUITS SANS RÊVES

souvenirs sur presque rien - un blog fait par un mec qui aime pas les blogs. Ah ben bravo.

mardi 8 juillet 2008

tableau lyonnais :

deux personnes sur un banc
qui ne se disent
rien
l'un se lève
et l'autre
reste

un vent frais
balaie
mégots
et
journaux
devant
le banc

puis l'autre
se lève
à son tour
seul
et disparait

le silence
recouvre
toute la vie urbaine

j'attends
et rien
ne vient

je voulais
juste
te
le
dire

enculé.

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vendredi 4 juillet 2008

(bis)

une soirée comme une autre :

il ne reste plus rien
sinon les meubles, les lampes de chevet
les livres et les déchets
mon bureau et tout mes biens
le silence et les heures
ils sont bien présent
mais demeurent
désespérément
muet.
je regarde la dernière trace de toi
une longue suite de souvenirs
acerbes ou sucrés
ramenés à cinq lignes
et une
signature.
un petit souvenir
de
merde.
un carré jaune fluo
qui va poursuivre
mes nuits
m'obséder des années
que tu as écris
négligemment
parce que c'était
simple
un mensonge expédié
vite-fait
cinq lignes pour me perforer
le cœur.

Je fixe les tessons de verre tranchant
restant de ma dernière beuverie
avec une folie
sans limites.
je n'ai plus peur
il ne reste plus rien maintenant.


---

un moment gênant :

les yeux fixés sur l'horizon
là où montagnes et nuages se confondent
que les regrets se taisent
noués tous ensemble dans la gorge
quand je perds
ta saveur féconde
que la nostalgie
me saisit
elle aussi
à la gorge
quand le monde semble être un gentil géant
souriant et ouvrant ses bras
comme pour offrir
la félicité
quand je peux palper de mes mains fatigués
les courbes de ton corps
malgré les kilomètres d'années entre nous
quand mon regard se perd
et devient le satellite d'une nouvelle
cible
promesses pour mon imagination.
tu sais quand le passé se confond
avec le futur et le présent,
que j'ai une vague mélancolie
et un petit vertige,
généralement
c'est là
que j'ai envie de
me gratter les couilles.



---


un idéal de trop :

j'ai connu un gars qui se piquait d'être "humaniste"
ce mec était pleins d'idée (il n'avait que ça)
des sur l'égalité
des sur la fraternité
des sur la liberté
évidemment.
il était à ce point humaniste qu'il se prenait le mal
de voter
il croyait encore
en l'état
ce gars ne me comprenait pas
il me trouvait "égoiste"
"méprisant"
"méprisable"...
et étroit d'esprit
parce que je n'aimais pas TOUS les gens

je lui ai fais remarquer
qu'il changeait de trottoir quand
on croisait des arabes
en ville
depuis il me parle beaucoup moins
dieu merci.


---

une autre soirée comme une autre :


la bouteille est presque vide
mon paquet de cigarettes aussi
je regarde l'empreinte que ton corps a laissé sur mon lit
après ces dernières nuits hors du temps
le creux de ces draps semblent me provoquer
comme l'absence de rhum dans mon verre
comme l'odeur de tabac froid sur mes murs
je regarde par la fenetre
à la recherche d'un exil
mais tout m'aveugle
rugissements des voitures jusqu'à leur dernière catastrophe
furie des passants qui fuient les rues
en quête d'un ailleurs moins froid
le vent semble remuer milles prières dans la nuit
de malheur.
la rumeur des ventres qui gémissent
les pleurs causés par la violence ambiante
l'injustice de l'acier trop froid
de l'asphalte trop dur
les nuits sans toits
pendant qu'on festoie
cent mètres au-dessus des esclaves
de notre injustice
drôle de vue sur un monde où même le luxe
ne réjouit plus les gens
la bourrasque de véhicule en tout genre
brasse poussières et détritus
survole l'urine, les seringues, les canettes
les mégots, les paquets de chips, les restes de menu à emporter
frôle mille vies insignifiantes,
ratatinées et inutiles
un monde branlant à louer
qui me viole le cerveau

mais qu'ils aillent se faire foutre, je m'en fous.


---

feu blanc dans l'iris :

nos sécrétions éjectés
nous hurlons en silence
avant le coma
du réel

les ondées violent l'éclat du jour

on a tous eu la fièvre
tremblé quand c'est finis
harassé par la
soif

on fait la planche sur les vagues d'un étang
qui brûle.


---

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samedi 28 juin 2008

mémoires du centre du monde

Allez, un peu d'exclusivité, voici donc les premiers "poèmes" d'une longue série à venir, et qui sera, qui sait, peut-être un jour rassemblé physiquement dans un gros livre avec une belle reliure. Dans longtemps, vu le tri que j'ai du effectuer pour n'en garder que quatre qui soit "acceptable", "décent"... voici donc quelques mémoires du centre du monde :


maudits souvenirs à oublier :


je rentrais d'une soirée un soir d'été
l'air était chaud et pesant
comme si le monde croupissait
dans un radiateur
et un grand type
serti de grand yeux pas très beaux
et de bouclettes brunes
comme la
chiasse
d'un mouton
a surgi du
néant

HUGO il a entonné
je ne le connaissais pas pourtant
je ne voulais pas le connaitre
de dieu

HUGO il a insisté
j'ai du stopper ma course
freiné
enfin tourner mes talons
vers sa gueule
et ses grands yeux
et ses bouclettes
de chiasse de
mouton

T'ES QUI j'ai lâché très simplement
TU NE TE RAPPELLES PAS DE MOI
il m'a demandé
NON DE TOUTE ÉVIDENCE (CONNARD)
il avait l'air satisfait
nanti de sa mémoire
de merde supérieure à
la mienne

JE M'APPELLE CHRISTOPHE
a t'il précisé
AU REVOIR CHRISTOPHE
j'en savais
déjà
trop

mais il s'est enhardi
il tenait à ses souvenirs
aux visages il
était attaché
généreux partout
en manque de
reconnaissance
je le voyais parfois
à mon lycée où là aussi
il n'avait pas appelé dans mon putain
de cerveau
des images du passé
il avait une fille
qui l'aimait visiblement énormément
physiquement
j'ai pensé que les gens manquent pas d'amour en fait mais
ils ont besoin d'être reconnu
sinon ils continuent d'
emmerder les autres

REVIENS il a fait
ATTENDS
HUGO
j'ai soupiré
peut-être étais-je trop méchant
CRACHE LE MORCEAU
c'est que j'en avais marre
d'être poursuivi par
sa géniale mémoire

ON ÉTAIT ENSEMBLE AU
CATÉCHISME
LE MERCREDI MATIN
TU AVAIS DES VERRUES
SUR
LES DOIGTS

soudain j'ai eu mal au ventre
comme si quelque chose s'
était décroché de mon œsophage
pour chuter dans mon bide
remuer l'acide
gastrique
les giclées m'ont brulés de
l'intérieur

en fait ce gars n'était même pas
gentil
c'était un emmerdeur parfaitement
méchant
il se rassurait sur son statut médiocre
de pauvre type un peu
simple
en se rattachant aux fêlures
de la vie de ses
tristes
congénères

une fureur bouillait en moi
devant l'église les sœurs les
croix et mes verrues
sur les doigts
mon enfance
dans
sa totale
non-splendeur

la nuit écrasait toujours autant
même plus encore maintenant
que je brûlais intérieurement
et lui son sourire brillait
pauvre gars
JE ME RAPPELLE DE TOI
ai-je mentis
MAINTENANT TOUT EST LIMPIDE
JE ME DEMANDE
MÊME
COMMENT AI-JE PU TANT BUTTER
SUR DU VIDE ALORS QUE TOUT EST
SI
ÉVIDENT
il souriait encore plus
LA VÉRITÉ C'EST QUE T'ES BIEN PLUS
MÉRITANT
QUE MOI
CELA VA SANS DIRE
CAR
EN UNE DÉCENNIE J'AI
CHANGE

ET
PAS TOI
CONNARD.


---

cratères en fusion :

j'étais dans une grande salle
remplie à craquer
de gens enthousiastes
qui débordait d'interrogations
je le jure
il suait la curiosité idiote même
je le dis carrément

et tout ce beau monde
perdu dans cet amphithéâtre
tous ces enthousiastes
parlait
et parlent encore
de leur avenir

apparemment aucun de tout ces mecs n'est
parti pour s'avouer qu'un autre mec
saoul
le défoncera sur la A50
et qu'on le mettra en bière sans regrets.
ou bien que sa petite amie un peu dérangée
lui collera
un bon coup de tournevis
droit dans la tempe
et que son cerveau coulera
par litrons
de la petite plaie.
je me demande si l'un d'eux sait que
le sida s'accrochera à son gland
dans une boite de nuit quelconque
dans une poignée d'années
et que sa foutue existence de séropositif
ne sera pas
contre toute attente
forcément plus funeste que
son destin
d'avocat spécialisé dans les divorces.

on se demande d'où vient ce foutu chômage
quand on est dans les amphithéâtre
à entendre les gosses de riche
(dont je fais parti)
débattre de leur futures carrières
cela dit
moi je m'en fous
j'étais perdu dans le troupeau
puis
j'ai eu envie de chier
alors
je suis sortis.


---


l'amour :

quand je veux me le représenter
je dois d'abord planter le décor
il fait noir
des criquets peuvent éventuellement gémir
le vent peut souffler quelques notes
pour ne pas laisser la scène trop
morte.
ensuite il faut voir au cœur de l'ombre
une lumière qui se ravive,
régulièrement
aussi régulière
qu'une alarme
un genre de système d'origine humaine
mécanique
qui serait touché par la grâce
quelque chose d'impossible
en somme
comme ces feux qui longent les bas-cotés
des autoroutes
pour prévenir d'un danger
les conducteurs.

c'est qu'au fond nous savons
les dangers
on sait que le tunnel derrière l'ombre et
ses kilomètres de goudron
de barrières et de néons jaunes
ne connaitront pas de fin
bercé de lumières
à moins d'une chance
divine
mais que c'est plutôt un tracé ténébreux
infernal
qui nous attends, presqu'infini
et on tremble un peu.
mais plus généralement l'issue est encore plus
simple
plus
nette :
c'est un beau gros mur de briques
dans lequel votre tire
va s'enfoncer
et vous
et votre
partenaire
vous
allez
gicler
dessus

et

mourir

putain.

---

Jure ? :

 

l'homme a surgi d'un
bar
et rejoint sa BMW
dernier cri
il a soupiré
allumé le contact

 

il roulait comme un
fou
et les gens ont explosés
en
concert de klaxons
et de conseils
avisés
VA TE PENDRE CONNARD
RETOURNE BAISER LA CHATTE
A TA MÈRE ENCULE
DE MALADE
galvanisé il a quitté la route
elle longeait le rhône

 

il dévalait hôtel de ville,
si vous êtes
lyonnais vous pouvez visualiser
la scène
grâce à l'auteur
pensez-y
et une zizanie a poussée
comme un champignon vénéneux
alors qu'
héroïque et transcendé
il a finis avec sa
BMW dernier cri
dans le bureau de tabac
en bas de la
place
rayon adultes
le bruit était
effrayant a t-on rapporté à
l'auteur

 

moi je sortais du pathé
un grand cinéma
bourré de
cons
accompagné d'une jolie fille
j'ai vu
un type fumer son cigare
perdu sur un banc
il y avait une queue énorme devant le macdo.

---


Posté par slowmotion à 20:25 - mémoires du centre du monde - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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